
Être compris, mais aussi être ressenti
Une entreprise, une marque ou un produit ne se résume pas à ce qu’il explique. Découvrez comment l’identité visuelle influence la perception, la confiance et la valeur perçue.
Quand nous cherchons un produit, un service ou un prestataire, nous comparons. Nous regardons les caractéristiques, le prix, les fonctionnalités, le savoir-faire ou encore les arguments mis en avant.
Pourtant, au moment de choisir, notre décision ne repose pas uniquement sur ces éléments rationnels. Il y a aussi une impression. Une sensation de confiance, de qualité, de proximité ou, parfois, simplement cette envie d’aller voir un peu plus loin.
Deux offres peuvent être assez proches sur le papier et ne pas provoquer du tout la même réaction. Parce qu’avant même d’avoir tout analysé, nous avons déjà commencé à percevoir quelque chose.
Et cette perception compte dans la valeur que nous accordons à une entreprise, une marque ou un produit.
Une image crée déjà une première impression
Avant de lire tout le contenu d’un site, d’étudier en détail les caractéristiques d’un produit ou de parcourir entièrement une brochure, nous nous sommes souvent déjà fait une idée.
Cela nous paraît fiable ou non. Précis, accessible, innovant, robuste, haut de gamme, rassurant…
Cette impression ne repose évidemment pas uniquement sur le graphisme. Le discours, l’offre et la qualité réelle de ce qui est proposé restent essentiels.
Mais l’identité visuelle y participe fortement.
Le nom, les couleurs, les typographies, les photographies, le packaging, l’habillage d’un produit ou encore la manière dont une gamme est organisée contribuent tous à construire une certaine perception.
Ils donnent des indices.
Ils nous disent, parfois sans que nous en ayons vraiment conscience, comment regarder ce qui nous est présenté.
Qu’est-ce que cela doit faire ressentir ?
C’est une question importante dans un projet d’identité.
On cherche naturellement à savoir ce qu’il faut expliquer, montrer ou mettre en avant. Mais il est tout aussi intéressant de se demander ce que l’on souhaite faire ressentir.
Selon le projet, la réponse peut être très différente.
Une entreprise industrielle aura peut-être besoin d’exprimer la précision, la maîtrise et la fiabilité. Un produit technique devra inspirer la robustesse et la performance. Une gamme plus premium cherchera à transmettre une sensation de qualité et d’exigence. Une entreprise de services voudra plutôt installer de la confiance et de la proximité.
Ces intentions influencent ensuite les choix visuels.
Non pas parce qu’une couleur ou une typographie possèdent à elles seules une signification universelle, mais parce que leur combinaison, leur traitement et leur contexte créent un univers cohérent.
Un produit lui aussi raconte quelque chose
On associe facilement l’identité visuelle à l’entreprise dans son ensemble. Pourtant, cette réflexion peut aussi concerner un produit ou une gamme.
Un nom crée déjà une attente.
La manière de nommer et d’organiser plusieurs modèles peut aider à comprendre une gamme avant même d’entrer dans les détails techniques.
Une typographie peut renforcer une impression de précision. Un habillage peut donner à une machine une présence plus technique, plus accessible ou plus haut de gamme. Une photographie peut rendre une matière ou un savoir-faire presque tangible.
Ce sont parfois des détails pris séparément.
Mais lorsqu’ils vont tous dans la même direction, ils construisent une perception beaucoup plus forte.
Le produit ne change pas pour autant. Ce qui change, c’est la manière dont sa qualité, son positionnement et sa singularité deviennent visibles.
La valeur perçue se construit aussi ainsi
Deux produits aux performances comparables peuvent susciter des impressions très différentes.
L’un semblera plus abouti. L’autre plus accessible. L’un paraîtra immédiatement plus professionnel ou plus premium, parfois avant même que nous ayons pris le temps de comparer leurs caractéristiques.
La présentation n’explique pas tout, bien sûr. Mais elle influence notre lecture.
C’est là qu’intervient la notion de valeur perçue. Ce que nous pensons d’un produit, d’un service ou d’une marque avant même d’en avoir expérimenté toutes les qualités.
Une identité visuelle ne devrait pas inventer une valeur qui n’existe pas. Elle peut en revanche rendre visible une qualité déjà présente.
Faire en sorte que l’image soit au niveau du produit.
Que la perception corresponde davantage à la réalité.
Les choix visuels ne sont jamais tout à fait neutres
Une couleur peut apporter de l’énergie ou de la retenue. Une typographie peut évoquer la précision, l’élégance ou la technicité. Une composition très structurée peut donner une sensation de maîtrise. Une matière peut suggérer la robustesse ou, au contraire, le raffinement.
Même l’espace laissé autour d’un élément participe à la manière dont on le perçoit.
C’est ce qui rend ces choix intéressants.
Ils ne servent pas uniquement à rendre un support plus esthétique. Ils influencent la manière dont nous lisons, comprenons et mémorisons ce que nous avons devant nous.
Et c’est aussi pour cela qu’un même produit peut paraître très différent selon la façon dont il est présenté.
L’émotion ne remplace pas la stratégie
Créer une impression ou chercher à provoquer une émotion ne signifie pas rendre une marque spectaculaire à tout prix.
Une identité visuelle doit avant tout être juste par rapport à ce qu’elle représente.
Une belle image ne corrigera pas un produit mal positionné. Une identité forte ne suffira pas à rendre une gamme compréhensible si son organisation est confuse. Et une communication très esthétique ne compensera jamais une offre difficile à saisir.
Mais l’inverse est vrai aussi.
Une offre peut être pertinente, performante et parfaitement rationnelle, sans pour autant susciter beaucoup d’intérêt. C’est probablement dans cet équilibre que le travail d’identité devient le plus intéressant.
La clarté aide à comprendre.
La cohérence aide à reconnaître.
Et l’émotion aide à se souvenir.
Donner une forme à ce qui existe déjà
C’est une dimension importante de ma manière d’aborder les projets chez Boldest. Avant de chercher une forme, j’essaie de comprendre ce qu’elle doit traduire.
Ce qui fait la singularité d’une entreprise, d’une marque, d’un produit ou d’une gamme. Ce qui doit être perçu immédiatement. Ce qui doit rassurer, donner envie, exprimer de la qualité ou simplement permettre de mieux comprendre ce que l’on a devant soi.
Le travail visuel vient ensuite.
Le nom, l’identité, les typographies, les couleurs, les images, les compositions ou la manière d’organiser une gamme deviennent autant de moyens de donner une forme cohérente à cette intention.
L’objectif n’est pas seulement de créer quelque chose de beau. Il est surtout de faire en sorte que l’image soit juste par rapport à ce qu’elle représente.
Parce qu’une entreprise, une marque ou un produit ne se construit pas uniquement dans ce qu’il dit ou dans ce qu’il fait.
Il se construit aussi dans la manière dont on le perçoit.
